Pour réduire les intérêts, la méthode avalanche privilégie la dette au taux le plus élevé ; pour solder rapidement une petite dette, la boule de neige privilégie le plus petit solde. Les deux maintiennent les paiements minimums sur les autres dettes et réaffectent les mensualités libérées à la suivante. Dans l’exemple hypothétique à budget identique détaillé ici, l’avalanche génère moins d’intérêts, mais les deux méthodes aboutissent au remboursement total au quatrième mois.
Résultats calculés de l’exemple hypothétique
| Critère | Boule de neige | Avalanche |
| Première dette ciblée | A : 500 unités à 0 % | B : 1 000 unités à 24 % nominal annuel |
| Budget mensuel total | 500 unités | 500 unités |
| Intérêts cumulés | 50,15 unités | 37,05 unités |
| Total versé, capital et intérêts | 1 550,15 unités | 1 537,05 unités |
| Première dette entièrement remboursée | Deuxième mois | Troisième mois |
| Remboursement de toutes les dettes | Quatrième mois | Quatrième mois |
Comment l’argent est réparti entre les dettes
La différence porte sur la destination du paiement supplémentaire, une fois toutes les échéances obligatoires couvertes. Le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB) présente les deux logiques : commencer par le plus petit solde pour obtenir des progrès visibles, ou par le taux le plus élevé pour réduire le coût des intérêts.
Avec la boule de neige, vous classez les dettes du plus petit montant restant dû au plus grand. Le critère est donc le solde, et non le montant de la mensualité. Une dette assortie d’une petite échéance peut rester importante et se retrouver loin dans l’ordre de remboursement.
Avec l’avalanche, vous classez les dettes du taux d’intérêt le plus élevé au plus faible. Le critère est le taux, et non le montant d’intérêts facturé en euros chaque mois : une grosse dette à taux modéré peut produire davantage d’intérêts qu’une petite dette à taux élevé.
Dans les deux cas, la dette ciblée reçoit son minimum contractuel, auquel s’ajoute tout le supplément prévu. Quand elle est soldée, son ancienne mensualité rejoint le supplément affecté à la dette suivante. Cette mécanique de paiement et de réaffectation, décrite par Wells Fargo, conserve le budget total tant qu’il reste des dettes à rembourser. Réduire ce budget après une première dette soldée ralentit la suite du plan.
Un exemple hypothétique avec le même budget
Prenons deux dettes fictives, exprimées en unités monétaires :
- Dette A : 500 unités, à un taux nominal annuel fixe de 0 %.
- Dette B : 1 000 unités, à un taux nominal annuel fixe de 24 %.
- Pour chacune, un paiement minimum fixe de 100 unités par mois, tant que le montant dû est suffisant.
- Un supplément de 300 unités par mois, soit un budget total de 500 unités avec les deux minimums.
Ces montants et ces taux sont des hypothèses pédagogiques, sans lien avec une offre de crédit. Le calcul ajoute les intérêts avant chaque paiement de fin de mois, au taux annuel divisé par douze. La dette B produit donc 2 % d’intérêts par mois. Intérêts et paiements sont arrondis au centième d’unité.
Le taux de la dette A reste à 0 % jusqu’au remboursement : aucune promotion n’expire et aucun intérêt différé n’est exigible. Le modèle exclut les frais, pénalités, nouveaux emprunts ou achats, changements de taux, impôts et conversions de devises. Toute somme inutilisée pour solder la dette ciblée est versée à l’autre dette le même mois. Le dernier paiement est limité au montant réellement dû.
Boule de neige : la petite dette disparaît au deuxième mois
Le premier mois, A reçoit 400 unités : son minimum de 100, plus les 300 supplémentaires. Son solde tombe à 100. B reçoit seulement son minimum de 100 ; après 20 unités d’intérêts, son solde atteint 920.
Le deuxième mois, 100 unités suffisent à solder A. Les 400 restantes vont à B, qui a d’abord produit 18,40 d’intérêts. Son solde devient 538,40.
Le troisième mois, B produit 10,77 d’intérêts, puis reçoit 500 unités. Il reste 49,17 à rembourser. Au quatrième mois, 0,98 d’intérêts s’ajoute et le dernier versement s’élève à 50,15.
Le total versé atteint 1 550,15 unités, dont 50,15 d’intérêts.
Avalanche : la dette à 24 % reçoit le supplément
Le premier mois, A reçoit son minimum de 100, tandis que B reçoit 400. Après ajout des 20 unités d’intérêts sur B, les soldes sont respectivement de 400 et 620.
Le deuxième mois, la même répartition laisse 300 sur A et 232,40 sur B, après 12,40 d’intérêts sur cette dernière.
Au troisième mois, B produit 4,65 d’intérêts. Un paiement de 237,05 la solde entièrement. Les 262,95 restantes du budget mensuel vont à A, dont le solde tombe à 37,05. Ce montant est payé au quatrième mois.
Le total versé atteint 1 537,05 unités, dont 37,05 d’intérêts. L’écart calculé entre les méthodes est donc de 13,10 unités : 50,15 − 37,05.
Coût, durée et motivation : quel critère privilégier ?
L’avalanche pour donner la priorité aux intérêts
Dans cet exemple, diriger plus tôt le supplément vers la dette à 24 % réduit les intérêts des mois suivants. Pour un lecteur dont la priorité est le coût, c’est le principal intérêt de l’avalanche : réduire d’abord le capital soumis au taux le plus élevé.
L’avantage dépend toutefois du calendrier des paiements, du maintien du même budget et des conditions contractuelles. Des frais de remboursement anticipé peuvent modifier l’économie nette. Il faut donc examiner les intérêts futurs évités et les frais liés au paiement supplémentaire, plutôt que le seul taux affiché à la souscription.
L’exemple distingue aussi deux résultats : le coût total et le mois de fin. Les deux derniers paiements tombent au quatrième mois, mais leur montant diffère. Une économie d’intérêts peut donc se traduire par un dernier versement plus faible, sans supprimer un mois entier de remboursement.
La boule de neige pour obtenir une première dette soldée plus tôt
La boule de neige peut convenir si voir une dette disparaître constitue un encouragement important. Ici, elle solde A au deuxième mois, alors que l’avalanche solde sa première dette au troisième.
Cette progression visible peut soutenir la motivation de certaines personnes. Elle a aussi un coût dans le modèle : la dette à 24 % conserve un solde plus élevé pendant les premiers mois. Le choix consiste alors à mettre en regard l’intérêt d’un premier objectif atteint et les intérêts supplémentaires calculés avec ses propres contrats.
Une combinaison reste possible
Wells Fargo reconnaît la possibilité de combiner les deux approches. Commencer par une petite dette, puis cibler le taux le plus élevé, change l’ordre d’affectation des versements. Le coût d’un tel plan dépend des soldes, des taux et du moment où vous changez de priorité ; il faut le calculer avec le même budget pour le comparer aux deux autres.
Préparer un plan compatible avec son budget
Avant de choisir l’ordre, vérifiez qu’un supplément est réellement disponible. S’il faut emprunter de nouveau pour payer les dépenses courantes après un versement supplémentaire, le montant prévu est trop élevé. Une réserve pour les imprévus aide également à limiter le risque de reprendre du crédit.
La préparation peut se faire sur papier ou dans un tableur, dans cet ordre :
- Vérifier la capacité de paiement. Déduisez des revenus les dépenses essentielles et toutes les échéances contractuelles. Tenez compte des besoins de réserve. Si les comptes sont déjà en retard ou si les échéances sont inabordables, traitez cette difficulté avant d’accélérer un remboursement.
- Recenser les dettes. Relevez pour chacune le solde, le taux applicable, le minimum dû et la date d’échéance. Ajoutez séparément les conditions de remboursement anticipé et les changements de taux prévus. Un calendrier des échéances aide à organiser les paiements.
- Écrire l’ordre retenu. Classez les soldes par ordre croissant pour la boule de neige, ou les taux par ordre décroissant pour l’avalanche. Gardez le même budget si vous comparez plusieurs scénarios.
- Affecter les versements. Réservez chaque minimum à sa date, puis ajoutez le supplément au minimum de la dette ciblée. La somme des paiements doit rester dans le budget disponible.
- Réaffecter et rapprocher les montants. Après une dette soldée, transférez son ancienne mensualité vers la suivante. Comparez régulièrement le plan aux relevés, en tenant compte des intérêts et frais effectivement appliqués.
Le minimum dû laisse éventuellement des intérêts à payer
Le paiement minimum correspond à une obligation contractuelle mensuelle. Sur une carte, le respecter peut laisser subsister un solde qui continue à produire des intérêts.
Dans son explication des contrats de cartes de crédit aux États-Unis, le CFPB distingue le minimum obligatoire des paiements plus élevés qui réduisent les intérêts. Il décrit aussi plusieurs taux possibles selon les opérations, des périodes promotionnelles et une éventuelle capitalisation quotidienne des intérêts. Pour un crédit détenu en France, le taux applicable, l’échéance et le calcul des intérêts sont à relever dans le contrat et les relevés concernés.
En France, les frais de remboursement anticipé comptent aussi
Pour un crédit à la consommation, Service Public indique qu’une indemnité de remboursement anticipé peut être réclamée lorsque les remboursements anticipés dépassent 10 000 € sur une période de douze mois.
Le montant est plafonné selon le temps restant avant la fin du contrat : la page indique un plafond de 0,5 % pour un remboursement effectué moins d’un an avant cette fin, et de 1 % lorsqu’il intervient plus d’un an avant. L’indemnité ne peut, dans tous les cas, dépasser les intérêts qui auraient été dus entre le remboursement anticipé et la fin du contrat.
Des exceptions excluent cette indemnité :
- le crédit est une autorisation de découvert ;
- le remboursement intervient en exécution d’une assurance destinée à garantir le crédit ;
- le remboursement a lieu pendant une période où le taux débiteur n’est pas fixe.
Le contrat précise la marche à suivre et le mode de calcul de l’indemnité. Pour comparer les méthodes sur des dettes réelles, intégrez ces conditions au montant à verser pour solder chaque crédit. Le capital restant dû et le montant de règlement à une date précise peuvent différer, notamment en raison des intérêts exigibles à cette date.
Si les échéances deviennent difficiles à payer
Quand les revenus ne couvrent plus les dépenses essentielles et les échéances, changer l’ordre des remboursements ne crée aucun supplément disponible. La priorité devient la recherche d’un échéancier supportable.
En France, Service Public présente plusieurs démarches pour les emprunteurs en difficulté. Si une assurance emprunteur a été souscrite, vérifiez si la situation correspond à un risque couvert et contactez l’assureur dès les premiers signes de difficulté : certains contrats imposent des délais de déclaration.
Vous pouvez aussi demander au prêteur un report, une baisse temporaire des mensualités ou un rééchelonnement. L’acceptation de l’aménagement demandé n’est pas garantie. Les conditions et les frais éventuels dépendent du contrat. Allonger la durée peut diminuer la charge mensuelle tout en augmentant le total des intérêts.
Une demande de délai de grâce peut être adressée au tribunal judiciaire. Service Public décrit une suspension ou une réduction des mensualités pouvant aller jusqu’à deux ans, sur présentation de justificatifs. Si les difficultés sont importantes et durables, un dossier de surendettement peut être déposé auprès de la Banque de France.
Une réforme du crédit à la consommation entrera en vigueur le 20 novembre 2026. Service Public annonce notamment un élargissement du champ des crédits concernés, un renforcement de l’information et l’obligation pour les prêteurs de proposer des mesures adaptées avant tout contentieux.