L’intérêt composé est un mode de calcul où les intérêts s’ajoutent au capital et produisent à leur tour des intérêts. Il peut faire croître une épargne, mais aussi alourdir une dette lorsque les intérêts impayés sont ajoutés au solde.
Ce que l’on voit sur un exemple
Avec un capital de 100 €, un taux annuel fixe de 10 % et une capitalisation annuelle, le solde atteint 110 € après un an, 121 € après deux ans et 133,10 € après trois ans. Ces montants sont hypothétiques et calculés avant frais et impôts, sans versement ni retrait.
La deuxième année, les intérêts sont calculés sur 110 €, et non plus seulement sur les 100 € de départ. Les 10 € d’intérêts de la première année restent dans le capital et produisent eux aussi des intérêts. C’est cet ajout successif qui distingue l’intérêt composé de l’intérêt simple.
Comment se calcule l’intérêt composé
Pour un taux fixe composé une fois par an, la formule est A = P × (1 + r)^t. A désigne le solde final, P le capital de départ, r le taux annuel écrit sous forme décimale et t la durée en années. Ainsi, 10 % s’écrit 0,10.
Quand un taux annuel nominal est composé plusieurs fois par an, on peut utiliser A = P × (1 + r/m)^(m×t). m indique le nombre de périodes de capitalisation par an. Le taux et la fréquence doivent correspondre aux conditions du compte ou du placement.
La fréquence change le résultat
Pour comparer les fréquences sans changer les autres hypothèses, prenons un exemple hypothétique de 5 000 € à taux annuel fixe de 5 % pendant dix ans, sans frais, impôts, versements ni retraits. Une capitalisation annuelle donne environ 8 144,47 €. Avec une capitalisation mensuelle, le solde atteint environ 8 235,05 €. La différence est de 90,58 € dans cet exemple.
À titre de comparaison, un calcul à intérêt simple sur les mêmes 5 000 €, 5 % et dix ans donne 7 500 €, car il applique chaque année les intérêts au capital initial. Ces résultats illustrent l’effet des hypothèses de calcul, pas le rendement promis par un produit financier.
Pourquoi les intérêts doivent rester dans le capital
Sur un compte d’épargne, les intérêts doivent être conservés dans le solde ou y être versés pour produire ensuite des intérêts à leur tour. Dans un placement, le réinvestissement des revenus peut créer le même effet cumulatif. Si les intérêts sont retirés, ils ne contribuent plus à la croissance future du capital.
Des versements réguliers changent aussi le calcul : chaque versement dispose de sa propre durée pour produire des intérêts ou des revenus. Le résultat dépend alors du montant et de la date des versements, ainsi que du taux et de la fréquence de capitalisation.
Ce que l’intérêt composé change pour l’épargne et les dettes
L’effet peut jouer dans les deux sens. Des intérêts ajoutés à un solde d’épargne peuvent accroître ce solde au fil du temps. À l’inverse, si des intérêts impayés sont ajoutés à une dette, les intérêts ultérieurs peuvent porter sur un montant plus élevé. Les modalités de calcul et de paiement dépendent du contrat : tous les prêts ne calculent pas les intérêts de la même façon.
Pour un placement, une projection à taux fixe ne garantit pas le résultat réel. Les rendements d’un investissement peuvent varier ; les frais et les impôts réduisent le montant net, tandis que l’inflation diminue le pouvoir d’achat d’une somme donnée.
Repères utiles et vérifications
La règle de 72 donne un ordre de grandeur du temps nécessaire pour doubler un capital à taux annuel constant : diviser 72 par le taux exprimé en pourcentage. À 6 %, elle indique environ 12 ans. C’est une estimation, pas une prévision du rendement d’un placement.
Avant de comparer des comptes ou de calculer une dette, vérifiez le taux appliqué, la fréquence de capitalisation, les frais, les impôts et les règles relatives aux versements ou aux retraits. Pour un placement, tenez aussi compte du fait que le rendement peut varier.